Cette église date, dans sa majeure partie, des XVII ème et XVIII ème siècles, et elle est bâtie grâce aux libéralités du seigneur du lieu, le marquis François Kadot, dont l'épouse est issue d'une famille très impliquée dans la Contre-Réforme. Elle est placée sous le vocable de St Pierre et de St Paul. Elle est construite selon un plan cruciforme caractéristique de la période de sa construction.

La plupart des documents présents dans les archives sont relatifs à l'entretien de l'église.  

Nous disposons des comptes rendus des visites archidiaconales aux archives épiscopales de Coutances. Si l'on observe (de 1716 à 1760), les commentaires de l'archidiacre, on voit qu'ils sont, en général, assez flatteurs à propos de l'état de l'église, excepté lors de la visite de 1760, où quelques menus détails sont relevés par le contrôleur (armoire humide, ornements usés). Pourtant, si l'église semble en bon état avant la Révolution, il n'en est pas de même vers la moitié du XIX ème siècle.

 

En 1804, dans leurs lettres à l'évêque les habitants de Sébeville affirment que leur église est en bon état (peut être sont-ils quelque peu optimistes afin de convaincre l'évêque ?). Cependant, l'abbé Genest lors de son arrivée (en 1849) est étonné par l'état pitoyable de l'église. De même, il est écrit, dans le livre de paroisse, qu'il est difficile de trouver un successeur à ce dernier du fait du mauvais état de l'église. L'abbé Ruault est lui aussi étonné par la vétusté des bâtiments de culte tout comme l'abbé Gautier qui écrit sur un état des lieux (A M 300 J 203) "l'eau pénètre par la voûte", "les murs des chapelles, sont lézardés", "les murs sont verdis en beaucoup d'endroits". Il semble donc que, durant la période révolutionnaire et le début du XIX ème siècle, l'église est mal (ou pas) entretenue et même maltraitée. Ainsi, il est écrit sur l'arc triomphal :  "Les statues qui ornent cette église ont été détruites en 1793, et ont été rétablies en 1882 par le Comte et Madame la Comtesse de Maillé"Cette destruction de statues marque par ailleurs la tension religieuse qui règne dans la commune durant la Révolution.

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On sait peu de choses sur l'état de l'église dans la première moitié du XIX ème siècle. Par contre, on sait que à partir de 1850, sous l'impulsion des curés et des maires successifs, de nombreux travaux sont effectués à l'église.

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On voit donc de nombreux travaux sont effectués. Les plus importants consistent à recouvrir l'église. En effet, avant 1853, elle est couverte en paille. En 1852 et 1853, elle est presque totalement couverte en ardoise pour un somme totale de 4746 Francs. De même, en 1895, 67,5 Francs sont destinés aux réparations sur l'église alors même que le budget communal est de 900 Francs (75 %). Il est donc probable que, lorsqu'en 1852, la commune investit 2956 Francs, le budget semble largement dépassé. D'ailleurs en 1853, la municipalité est contrainte de mettre en place une imposition de 10 centimes par Franc pour financer la couverture.

Après le bâtiment, il est intéressant d'étudier le mobilier et les objets du culte présents dans l'église Sous l'ancien régime, les visites archidiaconales nous montrent que les objets du culte sont en bon état et abondants. Mais, la révolution étant passée par là, ce n'est plus le cas aux alentours de 1850. Néanmoins, la situation s'améliore peu à peu. Les paroissiens offrent de nombreux ornements (comme nous le verrons plus en détail ultérieurement). De même, l'abbé Genest procède à de nombreux achats tout comme l'abbé Ruault qui achète en 1860, de ses deniers, des chasubles ainsi qu'un maître autel (à son ami l'abbé Leclerc d'Yvetot-Bocage).

 

Un état de l'église réalisé par l'abbé Gautier le 29/09/1867 (lors de son arrivée), et conservé aux archives départementales (300 J 203) nous permet de connaître le mobilier de l'église à cette date.

 

Etat de l'église (29 septembre 1867).

 

Liste du mobilier :

 

  • Un lutrin en bois peint couleur acajou en mauvais état
  • Un Harmonium dont la serrure est brisée ainsi que deux ou trois touches. Trois tabourets pour les chantres dont un n'est pas solidement établi. Un (tabouret) pour l'organiste.
  • Un autre pour le célébrant, dans le sanctuaire, ces deux derniers étant neufs et en sape
  • Deux petites bancelles pour les morts servant de siége aux enfants de choeur le dimanche à la messe. Un coufessionnal en sape, au bas de la nef, convenable.
  • Deux tables en crédences dans la chapelle de la Ste Vierge jusqu'alors sans emploi.
  • Un marche pied en sape avec ferrure de crochets en fer.
  • Une armoire pour ramasser les ornements, dans la chapelle de midi en mauvais état sous plusieurs points Une autre petite en sape, dans la sacristie.
  • Une table en sape en forme d'établi dans la sacristie nord servant de représentation pour les services funèbres.

 

Argenterie :

  • Une custode, argent massif, un calice, un ciboire (tous ces trois objets ont le pied en cuivre argenté).
  • L'ostensoir n'a qu'un croissant en argent doré ; il faudrait un cercle entier avec verrines.
  • Une croix de procession, une lampe dont le verre est brisé.
  • Huit chandeliers ; quatre pour le choeur et quatre aux petits autels. Pas de croix aux petits autels au choeur, un crucifix en bois avec christ en os.
  • Un encensoir sans bassinet une navette entiérement désargentée. Les vases des saintes huiles sont en étain ainsi que leurs étuis.

 

Ornements :

 

  • Dix chasubles avec leurs étoles, manipules et voiles, savoir :
  • Trois blanches dont une en satin avec rayures et fleurs bleues avec croix en percaline blanche, sur laquelle il a été collé des fleurs en étoffe de soie et un M entrelacé en drap d'or. Une en velours blanc frappé avec croix fond blanc broché. La troisième en damas blanc avec croix drap d'or broché. Le tout peu solide et de peu de valeur.
  • Deux rouges, l'une neuve et l'autre déjà ancienne ou plutôt faite de vieux morceaux assez mal posés par places.
  • Deux vertes, une propre en satin fleuri et croix brochée d'argent, l'autre plus simple et qui n'est pas d'étoffe pareille au voile, manipule et étole.
  • Deux violettes, l'une dont la croix est brochée d'argent et le voile, étolc, manipule est d'une étoffe différente, l'autre d'un violet très foncé avcc une croix verte.
  • Une noire de diverses étoffes et une croix en velours blanc frappé


  • Treize chapes savoir :
  • Deux noires en très mauvais état, mangées par les vers et les souris en maintes places.
  • Sept blanches dont trois en damas avec chaperon et orfiois en drap d'or et brodée en couleur, une en drap d'argent, pour le desservant, mauvaise marchandise ; une en satin blanc à rayures et fleurs bleues avec chaperon et orfrois fond blanc broché en couleurs, déchirées et raccommodées en maintes places, inserviable comme elle est ; deux autres anciennes et passées auxquelles on a adapté un chaperon et des orfrois en indienne perse.
  • Une rouge, étoffe laine et fil avec chaperon et orfrois en satin de soie fond blanc à rayures et fleurs bleues pareil à une chape dont il est fait mention ci-dessus.
  • Une verte, étoffe satin soie à fleur avec chaperon et orfrois en soie rouge fleurie.
  • Une violette toute unie doublée de noir.
  • Une verte et violette à rayures avec chaperon et bandes d'étoffe fil et laine unie rouge pâle.


  • Quatre étoles pastorales deux pour les fêtes, étoffées or et argent avec fleurs de couleur : une noire, une violette unie doublée de peu de valeur.
  • Six bourses trois blanches, deux rouges, une verte.
  • Quatorze pales bonnes et mauvaises de diverses couleurs.
  • Un voile huméral ou écharpe de bénédiction, déchiré en une multitude d'endroits, et ne valant pas la peine d'être raccommodé.
  • Un voile pour le St Sacrement, ayant besoin de réparations.

 

 

On voit donc que, en 1867, l'église de Sébeville dispose de nombreux biens mobiliers et objets du culte. Par ailleurs, de nombreux objets sont réparés dans les années suivantes, et des nouveaux sont même acquis. On peut d'ailleurs ajouter que la grande majorité des objets sont encore présents lors des inventaires suivants (31/12/1892, 10/03/1894, 31/12/1897, 31/12/1900).